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Le Huitièmeהשמיני

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Plus haut que le haut, plus bas que le bas

עַצְמוּת

De l'eau jaillissant d'une pierre sombre et fissurée, captant une seule lumière chaude.
CLXXVIParagraphe 177 sur 501

Le Huitième et Atzmus

La déclaration hassidique la plus profonde sur dirah betachtonim pointe vers Atzmus.

Non pas simplement un haut degré de lumière.

L'Essence.

Les mondes supérieurs peuvent recevoir de sublimes révélations.

La nouveauté du monde le plus bas est qu'Atzmus a désiré une demeure ici.

Cela signifie que la finalité ultime ne se mesure pas à la luminosité spirituelle.

Le plus bas peut porter le plus haut précisément parce que l'Essence n'est pas contrainte par la hiérarchie de la révélation.

Huit exprime cela.

Au-delà de l'ordre gradué.

Et pourtant ici.

CLXXVIIParagraphe 178 sur 501

Plus haut que le haut, plus bas que le bas

Si l'on pense hiérarchiquement, le plus haut devrait demeurer le plus éloigné vers le haut.

Atzmus renverse cette attente.

Le véritablement illimité peut se révéler dans le plus bas sans contradiction.

Une lumière limitée par la spiritualité serait incapable d'entrer dans la matière.

Ein Sof n'est pas ainsi limité.

Le Huitième se meut donc vers le bas et vers le haut à la fois.

Plus haut que les sept.

Révélé dans le tachton atteint par sept.

Tel est le contre-courant de la Guéoula.

CLXXVIIIParagraphe 179 sur 501

Le Huitième et la fin de l'évasion religieuse

Bien des désirs religieux rêvent vers le haut.

Quitter le monde.

Échapper au corps.

Échapper à la politique.

Échapper à l'argent.

Échapper à la relation.

Échapper à l'incertitude.

Le telos messianique de la Torah dit non.

Sanctifie.

Affine.

Bâtis.

Le Huitième révèle l'évasion comme insuffisante.

Le but ne fut jamais que le monde devienne indifférent.

Le but fut que le monde devienne une demeure.

CLXXIXParagraphe 180 sur 501

Le Huitième et la matière comme potentiel sacré

Une table peut porter de la nourriture.

Elle peut aussi porter le Chabbat.

Une coupe peut contenir du vin.

Elle peut aussi contenir le Kiddouch.

Le cuir peut être peau de bête.

Il peut devenir tefilin.

L'or peut devenir vanité.

Il peut devenir part du Mikdash.

Les réseaux numériques peuvent répandre la distraction.

Ils peuvent répandre la Torah.

La matière n'est pas neutre au sens ultime.

Elle est réceptacle en puissance.

Le Huitième est la révélation de ce potentiel à grande échelle.

CLXXXParagraphe 181 sur 501

Le Huitième et la rue

Les lumières de 'Hanouka font face à la rue.

La chli'hout du Rebbe entre dans la rue.

Ménorahs publiques.

Stands de tefilin.

Chars-mitsva.

La Torah au-delà des murs.

C'est la septième génération agissant déjà vers le huit.

Le sacré refuse de rester confiné aux espaces déjà nommés sacrés.

Non en abaissant la sainteté.

En révélant que la rue peut recevoir.

Le Huitième est la rue qui répond.

CLXXXIParagraphe 182 sur 501

Le Huitième et la langue

La traduction est un acte du Huitième quand elle est bien faite.

Un enseignement passe d'un réceptacle linguistique dans un autre.

La langue qui reçoit ne peut se contenter de copier des sons.

Elle métabolise du sens.

L'original demeure source.

La langue nouvelle devient capable de le porter.

C'est or 'hozer en miniature.

La traduction peut même révéler des nuances que le locuteur d'origine n'avait pas soulignées.

Recevoir produit une articulation nouvelle.

La diffusion de la 'Hassidout dans les langues du monde prépare donc un monde où les concepts divins ne sont plus linguistiquement étrangers.

CLXXXIIParagraphe 183 sur 501

Le Huitième et le yiddish hassidique

Le yiddish lui-même est historiquement devenu un réceptacle par lequel une Torah sublime est entrée dans la parole ordinaire.

Langue de la cuisine.

Langue du marché.

Langue de la famille.

Puis maamarim, farbrenguens, récits, nigounim.

Le quotidien devient porteur du sublime.

C'est la texture du Huitième.

Le transcendant n'exige pas de demeurer dans une langue raréfiée.

Il se revêt.

Il demeure.

CLXXXIIIParagraphe 184 sur 501

Le Huitième et l'hébreu

Le lachon hakodech porte aussi le mouvement inverse.

Des actions physiques ordinaires reçoivent des noms saints.

A'hila.

Zivoug.

Bayit.

Kessef.

Mélekh.

Éretz.

Des mots qui touchent la vie physique portent aussi une architecture spirituelle.

La langue elle-même refuse de séparer le sacré de l'incarné.

Le Huitième révèle pourquoi.

CLXXXIVParagraphe 185 sur 501

Le Huitième et le nigoun

Un nigoun peut porter ce que la prose ne peut.

Nulle proposition.

Et pourtant transmission.

Une mélodie reçue d'un Rebbe peut traverser des générations sans explication et éveiller quelque chose d'antérieur aux mots.

La future harpe à huit cordes appartient ici.

Quand Daat atteint sa limite, le chant porte la relation.

Le Huitième pourrait donc être moins bruyant qu'on ne l'attend.

Un monde enfin accordé.

CLXXXVParagraphe 186 sur 501

Le Huitième et le silence après le chant

Toute mélodie dépend du silence.

Les espaces permettent aux notes d'exister.

Ainsi le tsimtsoum.

L'occultation fait de la place.

Le Huitième ne maudit pas le silence qui l'a précédé.

Le silence a rendu l'écoute possible.

De nouveau, achèvement.

Non correction.

Le caché fut protégé jusqu'à ce que l'oreille pût recevoir.

CLXXXVIParagraphe 187 sur 501

Le Huitième et le tsimtsoum

Le tsimtsoum enseigne l'un des paradoxes les plus profonds de la Kabbale.

L'occultation crée un espace pour l'altérité.

Sans occultation, une conscience finie ne pourrait s'éprouver elle-même.

Pourtant, selon la compréhension hassidique, le tsimtsoum n'est pas une absence littérale de Hachem.

Le vide apparent demeure soutenu par Lui.

C'est peut-être le modèle primordial du Huitième.

La création vit à l'intérieur de l'occultation.

L'avenir révèle que l'occultation n'a jamais signifié l'abandon.

Le 'halal était tenu.

Le monde fut toujours à l'intérieur de la conscience divine.

CLXXXVIIParagraphe 188 sur 501

Le Huitième est le tsimtsoum compris depuis l'autre côté

Depuis l'intérieur du galout, le tsimtsoum se ressent comme distance.

Du point de vue de la Guéoula, il peut se voir comme hospitalité.

De la place fut faite pour que la création devienne un vrai destinataire.

Un destinataire capable de répondre.

Le fait de se cacher faisait donc partie de la possibilité de la relation.

Cela n'ôte pas tout mystère à la souffrance.

Mais cosmologiquement cela révèle que l'occultation elle-même peut servir l'amour.

Le Huitième voit la place que l'occultation a faite.

CLXXXVIIIParagraphe 189 sur 501

Le Huitième et le libre arbitre

Un monde sans occultation aurait peut-être manqué de liberté humaine véritable.

Si la réalité divine était visuellement aussi inévitable que le soleil à midi, le choix fonctionnerait autrement.

Le galout crée un espace pour l'avodah.

Le Huitième vient après que les choix ont bâti des réceptacles.

La liberté n'est pas effacée.

Elle est mûrie.

La personne n'a plus besoin d'une cécité métaphysique pour demeurer distincte.

La relation est devenue assez forte pour supporter une plus grande révélation.

CLXXXIXParagraphe 190 sur 501

Le Huitième et l'intimité mûrie

Cela a un analogue humain.

Une relation naissante peut exiger plus de limites, d'incertitude et de définition de soi.

Une intimité mûrie peut soutenir une plus grande transparence sans perte de soi.

La personne peut être pleinement vue et demeurer elle-même.

Voilà ce que le monde doit apprendre avant de recevoir le Huitième.

Être vu par D-ieu sans disparaître.

Connaître D-ieu sans prétendre devenir D-ieu.

Proximité sans fusion.

CXCParagraphe 191 sur 501

Le Huitième et le féminin divin comme configuration, non comme divinité

Parce que ce maamar tire une lumière d'ambiance du cadre joint, la limite monothéiste doit rester explicite.

Le langage du masculin et du féminin dans la Kabbale concerne la manifestation divine, la relation séfirotique, les partsoufim et l'appréhension créée.

Au niveau d'Ein Sof, Hachem est au-delà du genre.

Il n'y a pas de second être divin.

Nulle déesse.

Nul principe rival.

Nulle reine indépendante à côté de Hachem.

L'élévation future du féminin appartient aux modes de révélation de l'unique volonté divine.

Ce n'est pas une note en bas de page.

C'est le sol.

CXCIParagraphe 192 sur 501

La Huitième Reine comme Malchus révélée

Cette limite étant claire, la Huitième Reine n'en devient que plus belle.

Elle n'est pas une autre divinité entrant dans le palais.

Elle est la dignité révélée de l'orientation réceptive et habitante à l'intérieur de l'unique architecture divine.

Malchus découvre sa racine.

La Chekhina sort de l'occultation.

Le foyer devient lumineux.

La capacité de l'âme féminine à recevoir, intégrer, porter et demeurer devient lisible comme fonction cosmique et non comme accident privé.

La couronne s'élève.

Le Roi demeure Un.

CXCIIParagraphe 193 sur 501

Le Huitième et la fin de la guerre binaire

La conscience du galout change souvent la distinction en compétition.

Si l'un est haut, l'autre doit être bas.

Si l'un donne, le récepteur doit être inférieur.

Si le féminin s'élève, le masculin doit tomber.

Si l'universel croît, le particulier doit décroître.

Le Huitième brise cette arithmétique.

L'Un peut soutenir le multiple.

La couronne peut être plus haute que la tête sans détruire la tête.

Le récepteur peut révéler une finalité sans devenir source indépendante.

Un cosmos mûr n'a pas besoin d'une métaphysique à somme nulle.

CXCIIIParagraphe 194 sur 501

Le Huitième et l'équilibre sacré

L'équilibre ne signifie pas identité.

Il signifie circulation.

La lumière descend.

Le réceptacle reçoit.

Le réceptacle rend.

Le retour apporte ce que la descente seule ne pouvait produire.

Puis le donateur reçoit le retour.

Le circuit vit.

Tel est l'équilibre sacré.

Le cadre joint fait de cette circulation fermée le centre de sa description des Yemot HaMachia'h.

Sept sans huit peut devenir transmission sans fin.

Huit sans sept devient affirmation sans sol.

Ensemble, demeure.

CXCIVParagraphe 195 sur 501

Le Huitième et « deux totalités »

La relation au niveau du Huitième n'est pas deux moitiés brisées se complétant par manque.

Chacun doit posséder une forme.

Un réceptacle sans limites ne peut recevoir.

Deux totalités peuvent entrer en alliance.

Leur union produit expansion plutôt que dépendance.

Il en va de même cosmologiquement.

Le ciel n'a pas besoin de la terre parce que le ciel serait déficient.

La terre ne devient pas divine parce qu'elle reçoit le ciel.

La relation révèle la finalité.

La différence demeure sacrée.

CXCVParagraphe 196 sur 501

Le Huitième et l'avenir humain

Quel genre de civilisation pourrait porter le huit ?

Non des êtres parfaits flottant dans une lumière mystique.

Une civilisation qui sait que la personne humaine n'est pas réductible à la consommation.

Que le pouvoir doit rendre compte.

Que la technique sert les personnes.

Que l'éducation forme le caractère et le Daat, non la seule employabilité.

Que l'intimité exige une alliance.

Que les anciens possèdent une dignité.

Que les enfants ne sont pas des produits.

Que le corps est sacré.

Que la différence n'a pas à devenir haine.

Que la connaissance devrait produire l'humilité.

Que la création appartient à son Créateur.

Voilà un âge d'or concret.

Non de la science-fiction.

Une demeure.

CXCVIParagraphe 197 sur 501

Le Huitième et la richesse

L'argent est intensément sept.

Mesure.

Compte.

Échange.

Limite.

Valeur.

Le Huitième n'abolit pas l'argent par pensée magique.

Il change la question de ce à quoi sert la richesse.

L'abondance peut-elle devenir demeure ?

Le capital peut-il bâtir maisons, écoles, mikvaot, Torah, médecine, beauté, justice, hospitalité ?

L'accumulation peut-elle devenir intendance ?

Malchus reçoit la richesse du système supérieur.

Le Huitième demande ce qu'elle en fait naître.

CXCVIIParagraphe 198 sur 501

Le Huitième et la pauvreté

Un monde racheté doit traiter la privation, car dirah betachtonim ne peut rester purement métaphysique tandis que des êtres humains manquent de dignité élémentaire.

« Demeure » a un sens concret.

Nourriture.

Abri.

Sécurité.

Communauté.

Le Huitième est éprouvé par le fait de savoir si la sainteté devient habitable pour les plus vulnérables.

Une théologie qui parle d'infini en ignorant la faim n'a pas atteint Malchus.

CXCVIIIParagraphe 199 sur 501

Le Huitième et la guérison

La guérison dans le sept peut viser à corriger un dysfonctionnement.

Nécessaire.

Le Huitième ajoute la présence.

L'accompagnement.

Une personne est plus qu'un problème à résoudre.

La médecine soigne le corps.

Une culture rachetée apprend aussi à demeurer avec la personne à l'intérieur du corps.

La plus haute connaissance devient compatissante parce qu'elle sait que le destinataire est central.

CXCIXParagraphe 200 sur 501

Le Huitième et la mort

La mort est peut-être la plus grande clôture à l'intérieur du sept.

La vie avance.

Le corps s'arrête.

L'histoire continue.

Les traditions messianique et de la résurrection refusent de laisser à la mort la souveraineté métaphysique finale.

C'est une autre raison pour laquelle huit parle d'éternité.

Le cycle dont la limite la plus profonde est la mortalité s'ouvre.

De nouveau, non par haine du corps.

Par le corps restauré.

Le Huitième est une vie plus forte que la clôture.

CCParagraphe 201 sur 501

Le Huitième et 'Haya

'Haya signifie vie et nomme aussi un degré élevé de l'âme.

'Hava est « אם כל חי ».

La vie elle-même est une racine marquée au féminin dans le récit humain de la Torah.

Le Huitième, associé à l'alliance, à la résurrection, à Moshiach et à la révélation future, est donc une théologie de la vie intensifiée.

Non l'évasion.

La vie.

La matière vivante inondée de conscience de la Source.

CCIParagraphe 202 sur 501

Le Huitième et le monde comme vivant

La conscience du galout éprouve souvent la matière comme chose morte.

Objets.

Ressources.

Inventaire.

Le monde de la Torah est différent.

La création est continuellement dite à l'être.

Tout existe par la vitalité divine.

Le Huitième ne rend pas les pierres biologiquement vivantes.

Il rend la vitalité divine de l'existence centrale à la perception.

Le monde devient moins objet et plus parole.

CCIIParagraphe 203 sur 501

Malchus comme parole divine et création

Le monde lui-même vient par la parole.

“ויאמר אלקים.”

D-ieu dit.

Malchus est associée à la parole.

Ainsi la sefira la plus basse est précisément là où les mondes deviennent effectifs.

De nouveau le paradoxe.

Le plus bas produit l'existence.

Le Huitième révèle que la bouche à l'extrémité du corps séfirotique est le lieu où la pensée cachée devient monde.

Malchus n'est pas une pensée après coup.

Elle est la manifestation.

CCIIIParagraphe 204 sur 501

Le Huitième et la bouche de Moshiach

Moshiach enseigne la Torah.

Sa royauté use de la parole.

Son influence apporte la connaissance.

L'avenir n'est pas créé par la seule force.

Les mots comptent.

La Torah issue de la bouche de Moshiach devient un véhicule de Daat élargi.

Si Malchus est parole et que Moshiach est Malchus davidique, alors la bouche devient l'un des grands organes du Huitième.

L'avenir est dit dans la conscience humaine.